Convent Glen Orléans Wood

Association communautaire

CA signifie Agent de changement

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Matthieu Gagnon, vice-président

Depuis que j’ai rejoint l’association communautaire, je réfléchis au rôle que nous devrions jouer pour défendre les besoins de notre communauté, ce qui est l’un des éléments de notre nouveau plan stratégique. L’association de quartier se trouve dans une situation particulière : nous représentons les membres de notre communauté sans que cela soit officiellement reconnu par la municipalité. Nous n’avons aucun pouvoir officiel pour changer les choses. Cependant, nous avons une certaine capacité à mobiliser les habitants. Nous pouvons également compter sur le soutien de notre conseillère municipale, Laura Dudas, qui nous tient constamment informés et nous met en relation avec les personnes compétentes au sein de la municipalité, capables de répondre à nos préoccupations. Après réflexion, j’ai décidé que la meilleure stratégie pour défendre nos intérêts est d’agir comme un moteur de changement en demandant des comptes à la municipalité quant à ses projets officiels, en facilitant les évolutions au sein de notre quartier et en aidant nos voisins à s’y adapter.

Les plans officiels de la ville ont été élaborés selon un processus démocratique, après de nombreuses consultations avec diverses parties prenantes, notamment des membres de la communauté, des groupes, des associations d’entreprises, des promoteurs immobiliers, etc. Les grandes orientations de ce plan sont généralement conformes aux principes de nouvel urbanisme. Cependant, la mise en œuvre de ces plans se heurte souvent à l’opposition de groupes marginaux et de personnes qui préféreraient que la ville reste en l’état et s’opposent autant que possible au changement. Notre quartier n’est pas un musée et les conséquences de toute tentative d’empêcher ce changement sont visibles à travers plusieurs crises que traverse la ville, notamment… crise du logement, crise du coût de la vie, et changement climatique. En tant qu’association communautaire, nous devons être les parties prenantes qui examinent attentivement les plans concernant notre communauté afin de nous assurer qu’ils servent nos intérêts et non ceux d’autres parties prenantes.

Les plans officiels prévoient toutefois de nombreux changements pour notre communauté. Bien que bon nombre de ces changements visent un objectif final souhaitable, les transformations qui y mènent peuvent s’avérer difficiles. En tant que communauté, nous devrons continuer à composer avec divers chantiers, comme ce fut le cas pour le prolongement du TLR. Nous devrons également faire face à des situations où les infrastructures ne suivent pas le rythme du développement. Par exemple, il y a un Demande de permis de construire pour le 1887 St-Joseph Actuellement en cours de réalisation, ce projet est conforme aux plans officiels. Il s’agit du premier projet de ce type aux alentours de la station Jeanne-d’Arc, un secteur désigné pour accueillir de tels développements dans le plan officiel. Le projet prévoit 1 076 logements et 495 places de stationnement pour les résidents. Dans sa version finale, ce projet est logique, puisque la rue Saint-Joseph sera dotée de pistes cyclables et qu’un accès à pied à la station Jeanne-d’Arc facilitera l’accès au transport en commun rapide. Cependant, dans la situation actuelle, la plupart des gens auront besoin d’une voiture pour faire leurs courses et accéder à divers services actuellement trop éloignés pour s’y rendre à pied, trop dangereux pour s’y rendre à vélo et trop mal desservis par les transports en commun (la marche étant souvent préférable aux transports en commun pour les déplacements locaux). Cela entraînerait une augmentation considérable du nombre de voitures dans un secteur qui en compte déjà beaucoup. En tant qu’association de quartier, notre rôle est de signaler ces problèmes et de collaborer avec la Ville afin de les résoudre avant que les résidents ne s’installent et ne prennent de mauvaises habitudes.

Nous devons aussi aider les résidents à s’adapter au changement. Par exemple, le changement le plus difficile sera de modifier les habitudes de transport et de privilégier les modes de transport actifs ou les transports en commun plutôt que la voiture. Heureusement, notre communauté dispose déjà d’une bonne infrastructure pour le vélo avec la piste cyclable de la rivière des Outaouais. Plusieurs personnes l’utilisent ainsi pour se rendre au travail et faire leurs courses à vélo plutôt qu’en voiture. La plupart des membres du conseil d’administration de notre association de quartier utilisent les modes de transport actifs, à des degrés divers, pour leurs déplacements. Trois d’entre nous possèdent des vélos cargo pour transporter leurs enfants. J’essaie même de trouver des solutions pour faire tout cela en hiver, avec un succès mitigé (c’est le manque d’infrastructures entretenues qui pose problème, et non le froid). Nous avons commis des erreurs et surmonté des difficultés pour arriver à un point où enfourcher un vélo est non seulement facile, mais aussi l’option privilégiée (je m’ennuie, je suis malheureux et agressif au volant). Nous sommes prêts à aider les autres à adopter cette habitude.. 

En tant qu’association de quartier, nous sommes bien placés pour demander des comptes à la ville quant à ses projets et pour mobiliser les résidents lorsque celle-ci s’en écarte. Nous pouvons également informer la ville et les promoteurs des conditions nécessaires à la bonne acceptation et à la réalisation des projets dans notre quartier, de leur conception à leur achèvement. Nous sommes aussi prêts à accompagner les résidents dans leur adaptation à ces changements et à faciliter leur transition. En tant que conseil d’administration, nous souhaitons poursuivre nos efforts d’amélioration afin de bâtir un quartier plus inclusif, collaboratif et durable.

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