Nous avons tous subi du harcèlement sous une forme ou une autre, et certains d’entre nous reconnaissent même avoir été les auteurs de ces actes. Il est facile de minimiser le harcèlement en le considérant comme un problème d’enfance, mais il ne disparaît pas comme par magie à l’âge adulte. Il est présent partout, même au sein des associations.
Une forme de harcèlement qui passe souvent inaperçue est le harcèlement silencieux. Contrairement à l’hostilité manifeste, le harcèlement silencieux agit de manière insidieuse. Il peut se manifester par un travail dévalorisé ou saboté sans que personne n’en assume la responsabilité. Manipulation mentale, compliments empoisonnés, création de conflits sournois. Cela peut se traduire par une personne systématiquement exclue des conversations importantes, des idées rejetées sans considération, ou des rumeurs propagées discrètement au sein d’un groupe..

Une fois ces fausses informations diffusées, elles peuvent être acceptées sans discussion. La personne visée peut être exclue d’un poste occupé, d’une discussion de groupe ou d’un autre groupe apparenté sans explication. Toute tentative de poser des questions se heurte au silence, voire à des accusations de rébellion pour avoir simplement cherché des éclaircissements. Avec le temps, les personnes subissant ce traitement peuvent se retrouver discrètement mises à l’écart du groupe sous des prétextes vagues ou fallacieux..
Ce qui rend la situation encore plus grave, c’est le silence des témoins. Lorsque des personnes sont témoins d’un traitement injuste et ne disent rien, l’effet du témoin passif s’installe : le silence devient complicité.
Le bénévolat est un puissant moteur de développement communautaire. Il rassemble les gens, renforce les liens et crée un sentiment d’utilité commune. De prime abord, il apparaît souvent chaleureux, accueillant et idyllique : un lieu où chacun est uni pour une cause commune.
Mais lorsque certains se sentent exclus, cette façade se fissure rapidement. Un groupe qui paraît solidaire de l’extérieur peut devenir isolant de l’intérieur si ses membres sont discrètement mis à l’écart, ignorés ou rejetés. Le préjudice ne touche pas seulement l’individu ; il affaiblit toute la communauté. Un groupe ne peut prospérer que si chaque personne se sent respectée, incluse et valorisée.
La participation peut prendre différentes formes. Chacun a des horaires, des capacités, des responsabilités et des contraintes différents, et c’est tout à fait normal. Dans un contexte de bénévolat ou d’engagement communautaire, il n’y a pas de rentabilité à tout prix, ni de pression d’actionnaires. L’objectif est de servir, pas d’atteindre la perfection.
Les groupes n’ont pas besoin d’être rigides ; ils peuvent s’adapter. Leurs méthodes de travail peuvent être modifiées pour inclure chacun·e, en offrant différentes manières de s’exprimer et de participer. Permettre différents niveaux d’implication renforce le groupe au lieu de l’affaiblir. Lorsque nous permettons à chacun·e de contribuer selon ses capacités, nous honorons l’esprit même de la communauté : la générosité, le lien et un objectif commun.
Le favoritisme peut aussi jouer un rôle. Lorsque certains membres (ou participants) d’un groupe sont systématiquement mis en avant, protégés ou bénéficient d’une influence accrue, cela peut créer un déséquilibre où d’autres se sentent négligés ou dévalorisés. Le favoritisme ne détermine pas seulement qui est inclus, mais aussi qui est exclu. Dans les groupes censés être collaboratifs plutôt que hiérarchiques, ces déséquilibres peuvent insidieusement éroder la confiance et le sentiment d’appartenance.
Ces dynamiques ne se limitent pas aux groupes de bénévoles. Le harcèlement silencieux peut se manifester au travail, dans les clubs, les comités et partout où des groupes ou des liens se tissent. Lorsque certaines voix sont mises en avant tandis que d’autres sont discrètement étouffées, l’environnement se transforme en un lieu hiérarchique plutôt qu’en un lieu de communauté. Reconnaître ces schémas – et les nommer – est la première étape vers la création d’espaces où chacun se sent en sécurité, respecté et véritablement inclus.
Pour éviter que nos communautés ne deviennent des lieux où le harcèlement silencieux peut prospérer, nous devons cultiver délibérément une culture d’inclusion et d’empathie. Nous sommes tous réunis dans un même but, et cette mission commune doit reposer sur la bienveillance et le respect. Chaque voix mérite d’être entendue, et personne ne doit être laissé pour compte.
Si vous êtes témoin d’un problème, n’hésitez pas à le signaler. Ne laissez pas le silence nuire. Ensemble, nous pouvons bâtir des groupes où chacun se sent valorisé, soutenu et pleinement intégré.
Signé,
Une voix pour les inaudibles
Le 25 février 2026 (mercredi) est Journée du chandail rose au Canada.


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